On parle photo aérienne ?
Par Darko Stankovski, 02/05/2026
Longtemps inaccessible, la photo et la vidéo par drone on fini par se démocratiser. Ces dernières années, le matériel est devenu plus abordable, facile à piloter et les cameras embarquées sont de très bonne qualité.
On se représente souvent le drone comme une caméra aérienne permettant de filmer à partir d'un point de vue élevé ou de en suivant son sujet. Mais c'est aussi un formidable appareil photo qui permet de figer un instant avec ce point de vue.
Je me suis mis à la vidéo aérienne en 2020 avec le DJI Mavic Mini première génération (que j'ai toujours). DJI avait frappé un grand coup à l'époque : 500 € le drone en pack Fly More avec 3 batteries… Idéal pour un premier drone.
De la vidéo à la photo
Je faisais déjà de la vidéo et je voulais ajouter des vues inspirées de ce que l'on pouvait voir par les utilisateurs de drones. Je n'envisageais même pas de basculer en photo. Je dois avouer que j'avais l'impression que si je ne filmait pas, je perdais du temps de vol et la photo me paraissait être un sous-usage.
Après tout, il y a un coté magique avec la liberté de mouvement. Puis l'œil du photographe se réveille : cette image n'a pas de sens en mouvement ni en vidéo. Je ne vais pas vous imposer une vidéo pour vous montrer ça.
Alors on bascule en mode photo et on découvre que le drone, c'est notre nouvel appareil photo déporté.
C'est le déclic qui m'a conduit à ma première photo aérienne. Alors que je n'avais que l'intention de filmer, une vue, des lignes, des éléments… J'ai positionné le drone, orienté la camera et plutôt que de filmer un long moment que les bateaux traversent le champ, j'ai attendu le bon moment lors du retour des bateaux à Marennes.
Ce n'est pas qu'une question d'altitude
Le premier réflexe lorsqu'on pilote un drone est de prendre de l'altitude et de faire des prises de vues de haut. Et c'est vrai que l'on peut enfin faire des plongées. Et je ne vais pas mentir, on se fait plaisir à explorer cette vue qui nous était jusque là inaccessible.
On ne limite plus l'image de ce phare à son immensité avec la contre-plongée, seule possibilité au sol. En prenant du recul à sa hauteur on peut enfin le montrer face à la majesté de l'océan.
Mais un drone, ce n'est pas que de l'altitude. C'est un point de vue là où vous ne pouvez pas aller. Alors oui, ça veut aussi dire loin mais attention à la législation (en France, vous devez l'avoir en vue).
Haut et loin sont des limites que l'on va commencer à repousser car on n'y avait pas accès. Mais pas besoin d'aller si haut ni si loin. Le drone vous offre enfin cet angle de vu vers le pont, au dessus du vide, de la rivière ou toute autre zone inaccessible.
La côte de granite rose est magnifique et j'ai quantité de photos et vidéos aérienne. Mais je retiens cette vue aussi simple qu'à (presque) hauteur des yeux. Pour bénéficier du meilleur éclairage avec le soleil couchant, il fallait être au dessus de l'océan.
Le frein à la photo aérienne
Le premier frein à faire de la photo aérienne est financier. Vos appareils photos coutent souvent plus cher mais vous avez un usage évident. Le drone, il faudra le faire voler. Et il y a alors le risque de ce matériel.
Un drone est un appareil volant qu'il faut piloter. Ce pilotage est hyper-assisté : ça décolle et atterrit tout seul, ça compense le vent, c'est stabilisé… Mais ça n'empêche pas certains risques de dommages ou perte : il faut faire attention à la batterie pour pouvoir le faire revenir, ne pas se mettre en situation de perte de signal et évidemment les risques de collision. Bien sûr, sur ce point, dès que l'on monte en gamme, il y a des capteurs de collision mais le risque zéro n'existe pas.
N'oubliez pas que les hélices par exemple, c'est du consommable… J'en ai déjà arraché une paire en ne faisant pas attention et vous pouvez revoir une de mes photos dans mon article sur les drones de loisir.
Mais voler, c'est aussi respecter le cadre réglementaire.
Ce qu'il faut savoir avant de décoller
La photo par drone, c'est naviguer dans un cadre réglementaire qu'on ne peut pas ignorer. En France, tout pilote de drone de loisir doit :
- Enregistrer son appareil sur le portail Alphatango (obligatoire dès 800 g, mais recommandé en dessous),
- Passer la formation en ligne sur le site de la DGAC, un test théorique accessible et gratuit,
- Respecter les zones de vol : espaces aériens contrôlés, survol de personnes, zones protégées. Le site Géoportail ou l'app Drone Assist permettent de vérifier en temps réel les diverses restrictions mais il est aussi indispensable de faire attention aux indications au sol.
Ces contraintes peuvent sembler lourdes au départ, mais elles structurent une pratique responsable.
Un petit exemple à proximité de cette cascade en Islande.
Les drones sont interdits passé le parking ce qui est assez frustrant. J'ai respecté ces panneaux et ai décollé plus loin et là on comprends autre chose : les abords de la cascade sont remplies de nids… Votre drone est alors un intrus dans l'écosystème. Et oui, n'oubliez pas que vous partagez le ciel avec les oiseaux. Au mieux, vous vous croisez, au pire… vous les perturbez. Et dans ce cas, tant pis, posez-vous et allez faire votre photo plus loin (comme j'ai fait).
Débuter aujourd'hui
Débuter la photo aérienne, c'est commencer par apprendre à piloter un drone. Vous devez accepter que votre premier drone, vous risquez de le casser sans regrets. DJI frappait fort en 2020 puis les drones de qualité ont cessé d'être bon marché. La version actuelle du DJI Mini, le Mini 5 Pro en pack Fly More tourne autour de 1000 €.
Mais DJI viens aussi de sortir le Lito 1 et surtout le Lito X1 qui existe en plusieurs packs : avec la télécommande simple et deux batteries pour 469,00 € ou le vrai Bundle Fly More avec 3 batteries et la télécommande à écran pour 679,00 €. Le premier avec un prix inférieur à 500 € permet de commencer sans se ruiner. Le second permet de voler plus lors d'une même session avec sa troisième batterie et vous permet de vous passer de smartphone pour le pilotage.
DJI a également ajouté d'autres modèles plus grand public et simples d'usage comme le DJI Neo 2 dont le pack Fly More tourne autour de 400 €. J'ai la première version du Neo qui est plus proche du jouet. C'est un modèle destiné aux captures vidéos rapides et n'a besoin ni de smartphone ni de télécommande : il se lance du creux de la main pour réaliser des vidéos préprogrammées. Parfait comme camera déportée pour un usage vidéo moderne.
Il peut aussi être piloté au Smartphone ou à la télécommande (qui est fournie avec le pack Fly More). Vu l'usage auquel il est destiné, ses hélices sont protégées ce qui en fait un drone parfait pour un apprentissage du vol avec un faible investissement.
Mais la qualité photo et vidéo, bien qu'acceptables, seront bien en dessous du Mini ou du Lito. Le Neo 2 est un drone portable destiné aux selfies aériens rapides. C'est un complément ou un appareil d'initiation mais vous serez vite frustrés par le résultat et voudrez passer à la gamme suppérieur.
Un nouveau regard
Le drone est un formidable complément à l'appareil photo. Il permet des angles de vue que vous ne pouviez considérer. J'ai beau n'avoir que des modèles cheap (je n'aurai peut-être pas dû prendre les premières versions des gammes), j'essaye toujours de les prendre en vacances et des fois en simple sortie (le Neo est fait pour). Au début, je les utilisais beaucoup pour la vidéo mais avec l'expérience, c'est bien avec des idées de photos que je les fais prendre l'air.